09.06.2008, Directsoir
Lalique – Le cristal dans tous ses états
28.05.2008, Les Echos
Silvio Denz change les dirigeants de Lalique pour redresser la marque
La marque de luxe française acquise en février par un homme d'affaires suisse veut croître lentement mais sûrement. En se repositionnant sur le haut de gamme et en rajeunissant son image, Lalique vise un retour aux profits en 2009.
Renouveler le management, tailler dans les coûts, faire monter le chiffre d'affaires. A la tête de Lalique depuis la mi-février, l'homme d'affaires suisse Silvio Denz suit le schéma classique du redresseur d'entreprise en difficulté. Hier, il a ainsi annoncé avoir mis fin aux fonctions d'Olivier Mauny, l'ancien PDG de cette marque de luxe connue avant tout pour sa cristallerie, qui était resté directeur général délégué. Il est remplacé à ce poste de numéro deux du groupe par Roger von der Weid, un homme de Silvio Denz. Ce dernier a également nommé un nouveau directeur administratif et financier, Gunthiern-Alexandre Fauglas, et un nouveau directeur pour l'usine de Wingen-sur-Moder, Denis Mandry.
Silvio Denz, qui a déjà fait une première fois fortune en revendant en 2000 son réseau de parfumeries suisses à Marionnaud, s'est fixé de nouveaux objectifs ambitieux pour Lalique, une société plus que centenaire acquise pour 44 millions d'euros. «2008 sera une année de transition, explique le patron et premier actionnaire du groupe Art & Fragrance, qui contrôle Lalique ainsi qu'une activité de parfums. Le chiffre d'affaires devrait passer de 67 à environ 70 millions d'euros. Nous viserons ensuite une croissance de l'ordre de 5 à 10 % par an. Pour préserver notre qualité nous ne devons pas aller trop vite. Après une année 2008 qui sera blanche, nous devrions enfin renouer avec les profits en 2009.»
Pour atteindre ses objectifs, Silvio Denz a tout d'abord fermé cinq boutiques (Madrid, Milan, Miami...) «lourdement déficitaires». Au-delà des magasins porte-drapeaux (Paris, Londres, New York) et de quelques boutiques symboliques (Beverly Hills, Cannes...), c'est en accélérant une stratégie déjà engagée par la précédente équipe que Silvio Denz veut développer le réseau de distribution. Plutôt que de compter sur ses seules forces, Lalique va s'appuyer sur des partenaires susceptibles de partager les risques liés à l'ouverture de nouveaux points de vente. Le développement en Asie, mais aussi dans certains pays européens se fera ainsi.
Relance de la branche parfum
Pour alimenter les boutiques, le groupe veut également diversifier et rajeunir son offre. Un directeur artistique - Thierry de Baschmakoff - a été engagé pour dynamiser et unifier l'image en collaboration avec de jeunes artistes contemporains amenés à travailler ponctuellement avec la marque. Pour repositionner le groupe sur un segment plus haut de gamme, Silvio Denz veut en particulier lancer des collections en série limitée de bijoux sertis de pierres précieuses. Des pièces de 300.000 à 400.000 euros qui viendront en complément des gammes habituelles en cristal.
Au-delà des bijoux (10 % du chiffre d'affaires aujourd'hui, mais un objectif de 15-20 % à terme), Lalique veut relancer sa branche parfum, qui passerait de 15 à 20 % du chiffre d'affaires. Le coeur de l'activité resterait la cristallerie traditionnelle (objets, vases...), mais le groupe veut également se relancer dans des objets d'art (statues) et l'architecture d'intérieur. Le groupe a ainsi déjà réaménagé des bars et souhaite demain, à l'image de son concurrent Baccarat, travailler avec des groupes hôteliers, voire des promoteurs immobiliers cherchant à concevoir des immeubles haut de gamme. Une diversification à la fois potentiellement rentable via la vente de produits (lustres, décorations...) mais également bénéfique en termes d'image.
Pour faire face à la hausse de la demande qu'il envisage, le groupe va également devoir investir 12 millions d'euros d'ici à 2012. La moitié sera réservée à l'outil de production. «Aujourd'hui, nous pourrions vendre 30 % de plus, mais nous ne disposons pas des capacités de production. Nous aurons un nouveau four en juin 2009», promet Silvio Denz, qui veut également investir dans la formation de ses ouvriers artisans.
17.05.2008, Le Matin
Des minéraux sur la peau, pourquoi?
16.05.2008, Le Figaro Patrimoine
Silvio Denz, le saveur de Lalique
2ème trimestre, Offrir International
Avril 2008, CosmétiqueMag
Art & Fragrance rachète Lalique
En rachetant à Pochet le verrier de luxe Lalique, la société suisse Art & Fragrance SA (35 millions de francs suisses de chiffre d’affaires en 2007, soit 22 millions d’euros) quadruple de taille. En effet, le chiffre d’affaires 2007 de Lalique est estimé à 67 millions d’euros. Art & Fragrance veut redonner de l’allant à la marque, actuellement sous-exploitée et en sous-capacité. La société va donc investir comme annoncé dans l’usine de Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), notamment avec l’achat d’un four à bassin pour accroître la capacité de production. Elle veut aussi rendre Lalique plus visible en créant de nouvelles collections avec des designers reconnus et en installant des magasins flagships dans des villes comme Londres et New York et en master-franchise dans certaines zones. Quant aux parfums, qui représentent 11 millions d’euros (+15% en 2007), ils pourront faire l’objet de synergies avec Art & Fragrance (Grés, Alain Delon, Jaguar), non pas pour la création, qui reste basée à Paris, mai pour la distribution, en France comme à l’export. La société suisse ne veut pas s’arrêter en si bon chemin et espère continuer à se développer «plutôt en prenant des licences de belles marques», précise Roger von der Weid, CEO et nouvel administrateur de Lalique.
25.03.2008, 24 Heures Région La Côté
Un Suisse sauve le savoir-faire de la célèbre cristallerie française Lalique
Silvio Denz, l’une des plus grandes fortunes de Suisse, a racheté la cristallerie française au nez et à la barbe d’un fonds britannique. Ancien trader, il possédait la plus grande chaîne de parfumeries en Suisse, Europarfums, rachetée par Marionnaud.
Lorsque Nicolas Sarkozy se rend en voyage officiel, il emporte dans ses bagages un cadeau en cristal pour ses hôtes, signé Lalique. La bagatelle n’en est pas une: un vase Lalique peut coûter de 500 à 22 000 euros. Mais surtout, le nom de la cristallerie est associé au prestige de son fondateur, René Lalique, maître verrier et bijoutier français dont les créations Art nouveau atteignent des prix records aux ventes aux enchères, parfois des centaines de milliers de francs.
Mais, depuis février dernier, la maison Lalique est passée en mains suisses. Silvio Denz, homme d’affaires bâlois, a racheté Lalique au groupe Pochet pour 44 millions d’euros (70 millions de francs). Au nez et à la barbe d’Ajay Khaitan, représentant du fonds d’investissement britannique Emerisque, en négociations «exclusives» avec Pochet. Et cela, grâce aux employés de Lalique.
Réclamé par les employés
Lorsqu’il déambule dans le secteur «verre chaud», où ronflent les fours chauffés à 1400 degrés, Silvio Denz est accueilli par de grands sourires.
Et pour cause. Les maîtres verriers qui cueillent le cristal au bout de leurs cannes, les ouvrières qui polissent les pièces avec des meules enduites d’argile, les employées de bureau… Tous considèrent que le Bâlois est un cadeau du ciel. Silvio Denz n’est pas seulement un homme d’affaires. Il est aussi propriétaire de la plus importante et la plus complète collection des œuvres de René Lalique, qui compte 800 pièces. Une caractéristique qui rassure les employés de l’usine. Ils sont nombreux, ici, à travailler depuis trente, voire quarante ans. On est maître verrier de père en fils et beaucoup de couples se retrouvent à la cantine. D’où la puissante angoisse du chômage.
Le temps de respirer
Ajay Khaitan, du fonds Emerisque, représente à leurs yeux le cauchemar de la délocalisation. «Ce monsieur n’avait aucune expérience dans le domaine du luxe. Et il n’a jamais donné aucune garantie quant au maintien des emplois. Nous nous sommes trouvé un chevalier blanc», soupire de soulagement Catherine Vincent-Dolor, directrice de la communication de la société, qui fait partie de ceux qui se sont démenés pour contrarier la vente à l’Indien.
Une démarche rendue possible par une loi française, qui contraint le propriétaire à avertir son personnel en cas de projet de vente. Dans le cas de Lalique, le comité d’entreprise s’était prononcé contre ce rachat. Mais ce droit n’est que consultatif. Il a simplement donné le temps aux employés d’organiser la riposte. «Nous aurions été jusqu’à l’action sociale», assure Catherine Vincent-Dolor. Chez Lalique depuis quinze ans, profondément attachée à la maison, elle savoure la victoire. Il est très rare de réussir à faire renoncer un propriétaire à son plan.
Le soulagement est d’autant plus intense que Silvio Denz, en un mois, a déjà fait changer beaucoup de choses. Après avoir rencontré un à un tous les employés, il a remercié le directeur et ses assistants. «Ils poussaient à la productivité, exigeaient des présences le samedi, des heures supplémentaires… Moi, je préfère produire moins. Il ne faut jamais sacrifier la qualité.»
Depuis son arrivée, les maîtres verriers respirent. «Avant, on était chronométré. On n’avait même pas le temps d’aller aux toilettes. Le matin, en allant au boulot, on avait envie de vomir», raconte Jean-Pierre Doerflinger.
Pourtant, le millionnaire rappelle qu’il est avant tout un businessman. Son objectif est d’augmenter la capacité de production de 30% et donc le chiffre d’affaires. Mais plutôt que d’épuiser les troupes, il leur a fourni des outils. Un nouveau four fonctionne désormais, et un four spécial est commandé. «Nous avons aussi commencé un programme de recrutement», annonce-t-il. En revanche, il n’a pas hésité à fermer cinq magasins dans le monde, non rentables. L’avenir de Lalique? Ambitieux, selon Silvio Denz: «Les parfums, les bijoux, la décoration intérieure et les pièces d’art, uniques.»
16.02.2008, LCI.fr
Soulagement pour les salariés de la cristallerie de luxe Lalique
16.02.2008, Les Dernières Nouvelles d'Alsace
Silvio Denz: «Fier de ce rachat»
Le PDG d'Art&Fragrance compte injecter 12 millions d'euros dans le site de Wingen-sur-Moder et mettre sa très riche collection personnelle dédiée à René Lalique à la disposition du futur musée de l'imaginaire. Tout le monde se réjouit. Un drapeau suisse a même flotté sur l'usine dès l'annonce du rachat.
Silvio Denz, le nouveau patron de Lalique s'est rendu hier matin à Wingen-sur-Moder pour rencontrer les salariés de l'usine et tenir sa première conférence de presse avant de s'adresser, dans l'après-midi, aux médias nationaux, à Paris.
Un partenariat avec un designer est prévu
Cet homme d'affaires suisse, basé en Angleterre, patron d'entreprises et collectionneur d'art passionné a déclaré être particulièrement «fier de ce rachat».
«L'usine est la colonne vertébrale de Lalique», a expliqué celui qui veut redynamiser l'outil de production d'une entreprise où travaillent 260 salariés, en investissant prochainement dans un nouveau four à bassin, dans un nouveau process, dans du matériel verre chaud et froid ainsi que dans la sécurité et l'environnement. Soit un montant de 12 millions d'euros d'ici 2012, lesquels seront partiellement autofinancés par Lalique.
«M. Denz compte optimiser les flux jusqu'à la livraison et envisage de développer la visibilité de la marque en même temps que son chiffre d'affaires qu'on prévoit à l'équilibre pour 2008, excédentaire dès l'année suivante et en constante augmentation dès lors», a indiqué Roger Von der Weid, délégué et chief executive officer d'Art&Fragrance.
Non seulement les emplois sont maintenus mais il est prévu d'en créer de 150 à 200 nouveaux en rapatriant vers le site des Vosges du Nord la logistique aujourd'hui basée en Seine-et-Marne et en augmentant sensiblement la production.
La stratégie d'Art&Fragrance, dont Lalique devient une filiale à part entière, repose sur le renforcement de la marque, la valorisation de la main-d'oeuvre et du «made in France», le business plan conservateur, l'objectif d'indépendance et un management expérimenté. Un partenariat avec un designer est prévu dans de brefs délais. «On garde le patrimoine et le look Lalique, a rassuré M. Denz. On ne va pas faire quelque chose à 180 degrés».
Les trois plus grandes collections du monde
Le réseau de distribution international de Lalique, qui compte plus de 1’200 points de vente dont 44 en propre, sera renforcé, notamment dans les pays émergeants comme l'Inde où la présence du cristallier de prestige n'est pas encore suffisamment affirmée.
L'engagement de Silvio Denz ne s'arrêtera pas là, se félicitent les élus du pays de la Petite-Pierre au premier rang desquels le président du conseil général, Philippe Richert. En 20 ans l'homme d'affaires suisse est parvenu à acquérir des pièces de tout premier ordre, comme les trois plus grandes collections du monde - celles de Glenn et Mary Lou Utt, de David Weinstein et de Marie-Claude Lalique - que l'on pourra découvrir à l'avenir dans le futur musée de Wingen-sur-Moder.
15.02.2008, Les Dernières Nouvelles d'Alsace
Un prince des flacons charmé par Lalique
L'affaire est officialisée ce matin à Wingen-sur-Moder. La reprise de Lalique a été signée hier. C'est un homme d'affaires suisse, présent dans les parfums et le vin, notamment, qui propose un projet d'avenir pour la célèbre cristallerie.
Le feuilleton ultradiscret, voire secret, de la cession de Lalique à un nouvel actionnaire connaît aujourd'hui un tournant décisif. L'offre de Silvio Denz, un entrepreneur suisse fortuné (lire ci-dessous), a obtenu l'onction du vendeur, le groupe verrier Pochet, comme du comité central d'entreprise, réuni mercredi. Après avoir rencontré le personnel ce matin à Wingen-sur-Moder, l'acquéreur de Lalique donnera une conférence de presse où il devrait détailler ses intentions. Un moment fort pour les 260 salariés en Alsace, sur les 425 que le groupe compte en France, notamment à son siège parisien.
«Les choses se sont déroulées de façon un peu inattendue»
Rien n'exclut, bien sûr, une riposte du fonds d'investissement britannique Emerisque qui avait rendu publique en décembre dernier sa candidature au rachat de Lalique (DNA du 6 décembre), avec une clause de négociation exclusive jusqu'à fin janvier. Son dirigeant, Ajay Khaitan, avait notamment fait valoir, de manière très argumentée, sa capacité à développer la marque en Chine et en Inde. L'affaire paraissait bouclée.
L'offre, intéressante à plus d'un titre, n'avait toutefois pas convaincu les salariés de la cristallerie. La visite sur le site du candidat repreneur, pas davantage que son ardent plaidoyer auprès d'interlocuteurs régionaux, n'avaient réussi à séduire véritablement. Au point que le comité central d'entreprise avait réclamé et obtenu une expertise du projet. C'est notamment à l'examen de ce document, défavorable à l'offre Khaitan, que l'instance a préféré donner un aval à la solution de Silvio Denz. Le montant de la transaction est de 44 millions d'euros.
«Les choses se sont déroulées de façon un peu inattendue. Il est important que le comité central d'entreprise et les actionnaires soient tombés d'accord. Il n'était pas imaginable qu'une reprise se fasse en désaccord avec les salariés», commente un proche du dossier.
Et pourtant, d'une manière générale, on ne compte plus les affaires de reprises qui ont ignoré l'opposition des salariés, seule valant finalement la volonté du vendeur et de l'acheteur. Le cas de Lalique apparaît cependant tout à fait différent et singulier puisqu'une bonne part de la valeur de l'entreprise est liée au savoir-faire immense des maîtres cristalliers de Wingen-sur-Moder. C'est pourquoi leur confiance est nécessaire. Difficile à transférer, laborieuse à acquérir, cette compétence très élevée protège Lalique à condition qu'elle retrouve une bonne forme économique.
«Nous nous attendons à ce que Lalique soit rapidement en mesure de réaliser des bénéfices attrayants»
L'entreprise qui réalise 67 millions d'euros de chiffre d'affaires est à l'équilibre après une dizaine d'années de pertes. L'autre singularité de l'offre Denz, c'est qu'elle émane d'un vrai passionné, collectionneur exceptionnel et fin connaisseur du produit. Il appartient, ce matin, à Silvio Denz d'exposer lui-même ses projets. Mais il semble décidé, au-delà du rachat proprement dit, à conforter la position des ateliers d'Alsace du nord. Des investissements productifs seront consentis sur place ainsi qu'un transfert en Alsace de la logistique, actuellement localisée à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne).
L'un dans l'autre, la cristallerie de Wingen-sur-Moder pourrait ainsi compter à terme 150 à 200 salariés de plus qu'actuellement. «Nous nous attendons à ce que Lalique soit rapidement en mesure de réaliser des bénéfices attrayants», a fait savoir dès hier Silvio Denz, à peine intronisé président.
Patron d'Art&Fragrance, entreprise de la région de Zurich cotée à Berne qui gère plusieurs marques de parfums, Silvio Denz a décelé de toute évidence des synergies entre cette activité et les flacons Lalique. La cristallerie commercialise en effet également, c'est moins connu, des parfums tels que Flora Bella, Tendre Kiss ou Encre Noire. Des jus qui assurent un sixième des ventes de Lalique.
Ce projet, qui fait naître les espoirs qu'on imagine, a été aussi intensément que discrètement soutenu. Au plus haut niveau. Philippe Richert, le vice-président du Sénat et président sortant du conseil général du Bas-Rhin, qui ne se représente pas dans son canton de la Petite-Pierre, en a été, en coulisse, un artisan motivé, consacrant de nombreuses heures à recevoir les protagonistes, veillant à les traiter sur un pied d'égalité. Outre les enjeux économiques et sociaux, qui sont prioritaires, l'issue de ce dossier devrait donner un nouveau souffle au projet de musée Lalique cher au cœur de l'élu.
15.02.2008, Les Echos
Un homme d'affaires suisse met la main sur la cristallerie Lalique
Convoitée par un fonds anglais, la cristallerie Lalique est finalement cédée au groupe suisse Art & Fragrance, de Silvio Denz, pour 44 millions d'euros. Le nouveau propriétaire a l'intention d'investir en Alsace et d'y créer des emplois.
Convoité par un fonds anglais, Lalique passe finalement sous pavillon suisse. Le célèbre cristallier français a été acheté hier au groupe Pochet par la société suisse Art & Fragrance, spécialisée dans la conception et la distribution de parfums (marques Alain Delon, Grès...). Créée en 2000 par l'homme d'affaires suisse Silvio Denz (cinquante et un ans), cette société cotée à Berne a mis 44 millions d'euros sur la table pour emporter la mise.
Le nouveau propriétaire de Lalique n'est pas le premier venu. En 2000, il avait cédé à Marionnaud sa société familiale Alrodo, la plus grande chaîne de parfumerie suisse, créant Art & Fragrance dans la foulée. Figurant parmi les 300 premières fortunes de Suisse, à la tête d'un domaine de 80 hectares à Saint-Emilion dans le Bordelais, le nouveau propriétaire est également depuis vingt ans un collectionneur passionné des objets créés par Lalique, dont il possède 700 pièces, dont beaucoup d'uniques.
Cette inclination et sa connaissance profonde de la maison a sans doute joué en sa faveur. Mais c'est surtout le plan de développement qu'il entend mettre en place, avec à la clef environ 12 millions d'euros d'investissement d'ici à 2012 dans l'usine de Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin) qui a convaincu le vendeur et les salariés. « Nous allons investir afin d'augmenter de l'ordre de 30 % la capacité de production du site, explique Silvio Denz aux « Echos ». Lalique avait des besoins dans ce domaine, c'est pour cela qu'il faisait appel à la sous-traitance. Ce nouveau four devrait permettre des embauches. »
A terme, 150 à 200 emplois pourraient être créés. Le nouveau patron souhaite également développer le rayonnement international de la cristallerie, qui réalise déjà 80 % de son chiffre d'affaires (67 millions d'euros en 2007) hors des frontières. « Lalique a une très forte notoriété mondiale. La marque a beaucoup de potentiel dans les pays émergents, notamment en Asie et en Inde, où sa distribution est encore faible », reprend le nouveau PDG.
600 salariés
Silvio Denz prend les commandes alors que la société française, qui réalise son activité dans le cristal, mais aussi les bijoux et les parfums, est tout juste revenue à l'équilibre. « Cet achat va donner à Lalique un nouvel élan alors que le résultat opérationnel a été positif l'an dernier pour la première fois depuis une dizaine d'années », précise Olivier Mauny, l'ancien PDG, qui va prendre le poste de directeur général délégué. Actionnaire majoritaire depuis 1994, Pochet avait d'ailleurs décidé cette mise en vente pour se séparer d'une maison dont les pertes pesaient sur ses résultats et se recentrer sur son métier d'industriel.
Art & Fragrance, qui affiche un chiffre d'affaires de 35 millions de francs suisses pour un résultat net de 8 millions, l'a emporté au nez et à la barbe de l'homme d'affaires indien Ajay Khaitan, patron du fonds d'investissement anglais Emerisque. En décembre, ce dernier était entré en négociation exclusive jusqu'à fin janvier pour acquérir la cristallerie. Mais ses promesses n'ont pas convaincu les salariés, qui craignaient pour la pérennité du site. Le rapport d'expertise réalisé à la demande du comité central d'entreprise, et rendu en début de semaine, a reçu un avis défavorable. « Il n'était pas imaginable qu'une reprise se fasse en désaccord avec les salariés », commente un proche du dossier. Fondée dans les années 1920 par René Lalique, la maison emploie 600 salariés, dont 425 en France.
Art & Fragrance dans la presse 2007
Art & Fragrance dans la presse 2006